Dans le cadre de la création de « Ouvrières, Mémoires dans la peau » de la Cie Les Lisières, programmée le vendredi 15 novembre, un cycle de 3 conférences est proposé en partenariat avec Accès, Université Populaire de Romans et l’UPAVAL de Bourg-lès-Valence :

Par Michelle ZANCARINI-FOURNEL


La guerre de 1914-1918 n’a pas conduit les femmes à l’usine, certaines y étaient déjà : des générations de cartouchières ont travaillé, de mère en fille, avant la Grande guerre dans la poudrerie de Valence.  Mais dès l’automne 1914, après le départ des hommes au front, le nombre des ouvrières a considérablement augmenté dans les usines produisant pour la Défense nationale. Ici sont rassemblés, dans le même espace, les ouvriers âgés, les travailleurs mobilisés, les travailleurs coloniaux, les enfants et les femmes – célibataires ou femmes mariées.

Les usineuses improvisées travaillent dans des conditions extrêmement difficiles et doivent s’adapter à un travail dangereux ainsi qu’aux cadences d’une nouvelle organisation du travail aux pièces. Les représentations des femmes au travail envahissent les discours. La moralité des femmes, en particulier celles des veuves ou des femmes mariées provisoirement seules, est particulièrement surveillée. Les ouvrières sont par ailleurs taxées de profiteuses de guerre par l’opinion publique dans une période où tout, y compris l’intime est bouleversé.

Par Vincent PORHEL et Fanny GALLOT


Les sources orales sont maintenant des sources sûres de l’histoire sociale. Leur collecte, jamais aisée, permet de sauvegarder une mémoire vue d’en bas et de proposer un récit historique au croisement des représentations ouvrières et des archives. Ce sont ces représentations que laisse à voir l’expression théâtrale militante laquelle s’inscrit au sein de l’espace du travail dans le temps du conflit ou dans le cadre plus policé du théâtre quand rejoue la mémoire.

Par Romain CASTELLESI et Xavier VIGNA


Au cœur des années 1968, un conflit majeur éclate à Romans, à l’usine de chaussures Salamander, en 1973. Les ouvriers et ouvrières multiplient les actions dans une lutte inédite : occupations, séquestration du directeur, grèves et manifestations dans lesquelles les organisations de jeunesse et les syndicats opposent la lutte des classes face au risque inédit de l’expérience du chômage.

Cinquante ans plus tard, alors que la ville a perdu la quasi-totalité des emplois dans la chaussure et que Jourdan a fermé ses portes en 2005, comment appréhender la désindustrialisation ? Cette conférence à deux voix entend questionner le processus d’éradication des mondes ouvriers dans la ville et ses répercussions sur le tissu social et urbain, sur les sociabilités et solidarités ouvrières et plus généralement, sur les enjeux sociaux, économiques et politiques de cette récession industrielle.

RÉSERVATION POUR LA CONFÉRENCE D’OCTOBRE :
site de l’UPAVAL : 04 75 56 81 79

RÉSERVATION POUR LES CONFÉRENCES DE NOVEMBRE :
Tarif unique : 5€ – Ouvert à tous, réservation fortement conseillée.
ACCÉS – Université populaire de Romans www.accesromans.com / 04 75 05 04 45 / info@accesromans.com / 20 rue Saint Antoine – 26100 Romans-sur-Isère


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